Confidences d’un écrivain et d’une critique littéraire

Les élèves de l’Institut Saint-Boniface ont écouté avec grand intérêt le 19 février deux professionnels du livre :  Thomas Lavachery et Déborah Danblon. Cette rencontre, préparée en classe par la lecture de deux romans de l’invité, est la première qu’organise cette année la bibliothèque de l’Institut. Compte-rendu de cette matinée passionnante, à partir des réflexions écrites des élèves.
Lui, il ne redoute pas la page blanche… D’allure jeune, très grand, Thomas Lavachery est un écrivain de 47 ans, doté d’une imagination débordante. Il a commencé sa carrière d’auteur à 35 ans et a connu le succès avec sa saga viking, Bjorn le Morphir, créée en 2002. Succès qui ne lui est pas monté à la tête : il reste quelqu’un de très simple, plein d’humour ; quelqu’un qui adore parler de son métier.
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Il nous a invités à visiter son blog dans lequel il narre ses aventures avec les animaux hors du commun qui l’ont entouré dans son enfance : une chèvre, une famille de ouistitis. Son animal préféré est le singe. Il l’a mis en scène dans Jojo le singe, un récit pour les enfants. Également dessinateur, Thomas Lavachery réalise ses croquis au crayon, avant de les repasser au feutre noir. Sur une autre table, dans une autre partie de son bureau, c’est le royaume de l’écriture. Uniquement sur ordinateur. Ainsi pas de boules de papier par terre !  Seulement quelques post-it, sur lesquels il note quand elles se présentent les idées qui lui serviront dans ses prochains livres. Enfant, il ne lisait que des bandes dessinées. Plus tard, il s’est mis à lire des romans classiques. Fasciné par les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, il les a lus de nombreuses fois et les relit encore avec plaisir. Aujourd’hui, quand il commence une histoire, il n’en connaît souvent que le début et la fin, mais pas le déroulement. L’écriture d’un tome des aventures de Bjorn lui prend entre cinq et huit mois, à raison de 5 à 6 heures par jour. Auparavant, il ne travaillait que la nuit ; il exerçait un autre métier, l’écriture n’était que son passe-temps. Thomas Lavachery travaille par bloc de deux heures. Durant les pauses, le café et le chocolat lui rendent l’énergie nécessaire à la poursuite de son travail. Il ne redoute pas la page blanche. L’imagination, c’est pour lui un puits, mais bien sûr, « lorsque le puits est vidé, le livre est fini et il faut du temps pour que le puits se remplisse à nouveau. » C’est l’explication qu’il donne aux lecteurs impatients qui réclament la suite de l’histoire. Les noms de ses personnages proviennent parfois de textes fort anciens. Il aime les personnages qui se transforment (« morphir », métamorphose…). Au départ, Bjorn était un être peureux ; il évolue et devient un guerrier redoutable. Ce sont parfois des individus de son entourage qui lui inspirent ses héros. Origine de Bjorn le Morphir ? Des histoires qu’il racontait à son fils quand il était petit (aujourd’hui, il a 18 ans). Thomas Lavachery entame le huitième et dernier tome de la série. Mais, à côté de Bjorn, Lavachery a inventé d’autres personnages. Dans Deux pouces et demi, des homoncules créés par un alchimiste vivent de drôles d’aventures. A la fin de la rencontre, Thomas Lavachery a dédicacé les livres des élèves et a remis un de ses albums sur les rayons de la salle de lecture pour compléter notre collection de BD. Ainsi, tout le monde pourra s’en délecter.
Les livres, une passion dévorante Femme énergique, vêtements originaux et très colorés, Déborah Danblon est libraire et critique littéraire. Elle commente les nouveautés de la littérature ado dans l’émission “Le grand Mag“ de la Première. Son emploi du temps est très chargé. Elle travaille à la librairie La Licorne à Uccle. Un métier qui n’est pas de tout repos : il s’agit de s’occuper des commandes, de gérer les stocks, de contacter les éditeurs, de visiter d’autres librairies. Deborah Danblon vit pour les livres. Tantôt derrière le comptoir de sa librairie, tantôt sous sa lampe, elle dévore les romans. Elle vit de sa passion. Elle y consacre de très nombreuses heures. Après avoir interrogé le lecteur sur ses lectures préférées antérieures, elle le conseille avec enthousiasme sur les romans qui lui correspondent le mieux. Elle étonne par sa grande connaissance des livres de jeunesse. Elle n’aime pas écrire des critiques négatives ; elle respecte les choix et les jugements de chacun. Elle a en mémoire un nombre incroyable de titres de romans, de noms d’éditeurs, de résumés, d’auteurs… Thomas Lavachery, par exemple, est une vieille connaissance, car elle aime beaucoup les romans “jeunesse“ (ça ne l’empêche pas d’aimer L’Écume des jours de Boris Vian). Aussi, elle est intarissable, et, pourtant, jamais elle ne lasse ses auditeurs. Chaque titre que la classe évoque, elle le connaît et le commente longuement. « Déborah va, je pense, nous faire remplir nos bibliothèques », conclut un des élèves de la classe.
Kathleen Smets
Déborah Danblon,  et Aurélie Maroquin, étudiante bibliothécaire
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